Tourisme

Les lieux normands classés au patrimoine mondial de l’UNESCO

Chaque année depuis 1978, le Comité du patrimoine mondial se réunit afin d’inscrire ou non des biens au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ceux-ci sont répartis en trois catégories que sont : naturelle, culturelle et mixte.

La Normandie abrite quelques-uns des biens français inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce sont des biens essentiellement culturels. Nous pouvons citer :

  • Le Mont-Saint-Michel et sa baie ;
  • Le Havre, la ville reconstruite par Auguste Perret ;
  • Les fortifications de Vauban.

Les fortifications de Vauban inscrit au patrimoine mondial sont au nombre de douze. Seuls les forts de la Hougue et de Tatihou sont localisés en Normandie.

Le Mont-Saint-Michel et sa baie

Anciennement connu comme le « mont Tombe », le Mont-Saint-Michel est un ilot rocheux situé dans la manche. C’est le troisième site touristique le plus visité de France (après la tour Eiffel et le château de Versailles) et le premier de Normandie (environ 2 300 000 visiteurs chaque année). Sa baie appartient au club des plus belles baies du monde. Le Mont-Saint-Michel et sa baie sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.

Ayant une circonférence d’environ 960 mètres et une superficie de 7 hectares, le Mont-Saint-Michel se localise à l’embouchure du fleuve Couesnon. Une statue de Saint Michel est placée au-dessus de l’abbaye du même nom et elle culmine à une hauteur de 150 m du rivage.

Le sanctuaire du Mont-Saint-Michel a été fondé en 709 par Aubert, l’évêque d’Avranches. Il est devenu une abbaye en 966 grâce à Richard 1er de Normandie. C’est un bâtiment mélangeant l’architecture romane et gothique. Selon la légende, l’archange Saint-Michel serait apparu trois fois sur les lieux d’où la nomination de l’ilot en son honneur.

Quant à la baie, elle fait partie du Massif armoricain et peut être découverte à marée basse. Elle reçoit les eaux du Couesnon, de la Sée et de la Sélune. La baie du Mont-Saint-Michel est le théâtre des plus importantes marées de toute l’Europe (une amplitude moyenne de 10 m). Elle s’étend sur une superficie de 500 kilomètres carrés dans le golfe de Saint-Malo.

Depuis août 2009, la commune est dénommée « commune touristique ». Ainsi, on compte environ 300 commerces au Mont-Saint-Michel pour une population de 33 habitants (2015). Mais les prestations (hôtels et restaurants notamment) offertes dans la commune aux touristes sont jugées médiocres par rapport à leurs prix. Cette donnée contribue de manière significative à la baisse notable du nombre de touristes dans la commune (de 3 250 000 touristes en 2006 à 2 300 000 en 2014).

Par ailleurs, la présence religieuse sur l’ilot est assurée par les frères et les sœurs des fraternités monastiques de Jérusalem de l’église Saint-Gervais de Paris. Aussi, les festivités commémorant le 13e centenaire de la fondation du Mont ont été transformées en un festival. Il se déroule chaque été et dure une semaine.

Le Mont-Saint-Michel a su être important. D’un lieu de pèlerinage (durant environ 1200 ans) à un site touristique en passant par une prison, cette commune du golfe breton normand est mythique et a sa place au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le Havre, la ville reconstruite par Auguste Perret

Le Havre est une commune située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie. C’est le deuxième port de la France (derrière le port de Marseille) et la commune la plus peuplée de la région. Le centre-ville du Havre a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005.

Les bombardements de 1944 lors de la Deuxième Guerre mondiale ont totalement détruit la ville du Havre. Ainsi, le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme confie la réédification de quelque 150 hectares de la ville à Auguste Perret.

Ce dernier met en place avec son équipe (18 collaborateurs) un projet ambitieux, un mélange innovant et moderne. Il déclare à la prise du projet en 1945 : « Ce que je veux, c’est faire quelque chose de neuf et de durable ».

Le centre-ville du Havre comprend environ 12 000 logements et un grand nombre de bâtiments administratifs, commerciaux, religieux et civils. Ils ont tous été édifiés en béton armé, le matériau de prédilection d’Auguste Perret. Il impose également certains principes comme le style sans ornements, le plan libre et aussi la structure poteau-poutre-dalle.

Perret décide d’adopter le plan hippodamien pour la ville du Havre comme dans les cités de l’antiquité, mais également comme dans le centre-ville des villes nord-américaines. Les axes se coupent donc en angle droit. Ce plan se voit un peu contrarier par certaines bâtisses ayant résisté aux bombardements comme la cathédrale Notre Dame, le muséum d’histoire naturelle…

Après les travaux de reconstruction, l’héritage architectural d’Auguste Perret tombe dans l’oubli et même dans la déconsidération. Ses œuvres souffrent notamment de la comparaison avec celles de son élève, Le Corbusier. Ce dernier a connu un énorme succès et est l’un des porte-étendards du mouvement moderne au point où les défenseurs de ce mouvement ont considéré les travaux de Perret comme désuets.

Ce n’est qu’en 1985 que les œuvres de Perret obtiennent un regain d’intérêt grâce à une étude de Joseph Abram. À cet effet, les travaux d’Auguste Perret sont vus d’un autre œil, surtout la reconstruction du centre-ville du Havre. Les architectes contemporains pensent que Perret était le seul à avoir vu les limites du mouvement moderne et cela depuis le début du mouvement.

Élu à l’Académie des Beaux-arts en 1943, Auguste Perret n’a pas vécu assez longtemps pour voir la fin du chantier de la reconstruction du centre-ville du Havre. Il meurt en 1954 or le chantier ne finit que 10 ans plus tard. Aujourd’hui, l’œuvre représentant son idéal architectural est reconnue à la hauteur de sa valeur : un patrimoine mondial de l’humanité.

Les fortifications de Vauban : les forts de la Hougue et de Tatihou

Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008, les forts de la Hougue et de Tatihou sont des bâtisses militaires érigées en 1694. Ces constructions font suite à la défaite lors de la bataille de la Hougue en 1692 qui opposait la flotte française du vice-amiral de Tourville à celle anglo-hollandaise. Elles sont situées dans la commune de Saint-Vaast-la-Hougue dans le département de la Manche.

Les forts de la Hougue et de Tatihou font partie du réseau des sites majeurs de Vauban. Ce dernier est un architecte militaire qui a laissé un héritage de 150 places fortes (hormis ses ouvrages civils) à travers toute la France. Quatorze parmi elles ont été choisies (dont les forts de la Hougue et de Tahitou) pour constituer le dossier du réseau des sites majeurs de Vauban. Douze ont été finalement inscrits au patrimoine mondial par l’UNESCO.

En effet, les forts de la Hougue et de Tatihou ont été érigés par Benjamin de Combes, un élève de Vauban. Ils ont constamment été fortifiés jusqu’au XIXème siècle afin de s’adapter à la puissance des armes. Aujourd’hui, ils sont la preuve de l’ingéniosité de Vauban et sont d’une importance capitale pour l’architecture.

Ces forts sont ouverts une fois dans l’année au public à l’occasion des journées du patrimoine.

  • Hormis ces trois lieux, les chemins de Compostelle en France sont une liste de sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’un de ces sites est situé en Normandie : c’est le Mont-Saint-Michel qui était déjà inscrit à titre individuel depuis 1979.
  • Les plages du débarquement de 1944 sont sur la liste indicative pour une inscription future au patrimoine mondial.
  • La maison et les jardins de Claude Monet à Giverny sont en lice pour être mise sur la liste indicative en vue d’une future inscription au patrimoine mondial.
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