Culture

La région Basse-Normandie intègre désormais la Normandie

Située au nord-ouest de la France, la Normandie est composée des anciennes régions de la Haute-Normandie et de la Basse-Normandie. Le dernier découpage administratif faisant passer le nombre de régions en France métropolitaine de dix-huit à treize, la Normandie en a subi les impacts.

La région Basse-Normandie

Regroupant les départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne, la région Basse-Normandie faisait une superficie de 17 589 kilomètres carrés pour 1 478 712 habitants. La préfecture était située dans la ville de Caen dans le Calvados.

L’histoire de cette région remonte à l’antiquité. Des fouilles ont prouvé que le territoire correspondant à l’actuelle ville de Caen était une région prospère. Elle a vraisemblablement été conquise au Vème siècle par les francs. On note en revanche une occupation saxonne qui a précédé l’implantation des francs dans la région. Par ailleurs, la prospérité de la Basse-Normandie serait relative à son appartenance au Royaume de Neustrie.

L’époque moderne situe le territoire de la Basse-Normandie dans les baillages de Caen, Coutances et Alençon, qui font eux aussi parties de la généralité de Caen (créée en 1542) et une partie de la généralité d’Alençon (créée en 1637). Notons qu’à cette époque, la région a été sous le feu des projecteurs lors de deux principales révoltes : la révolte des va-nu-pieds en 1639 (sous Louis XIII) et la chouannerie normande lors de la révolution qui a duré sept ans (de l’automne 1793 au printemps 1800).

En 1956, la région Basse-Normandie comme on la connaissait jusqu’en 2015 a été créée. Certains territoires situés jadis en Haute-Normandie se retrouvent en Basse-Normandie. C’est le cas de la partie Ornais du pays d’Ouche. Ainsi depuis ce découpage, un courant politique de réunification de la Normandie en une seule région était né. L’objectif est donc atteint avec le dernier découpage administratif de 2015.

 

L’économie de la Basse-Normandie

L’économie de la région est fortement variée. Tous les secteurs contribuent au développement de la région. Ainsi en agriculture, la Basse-Normandie affiche des chiffres plutôt encourageants. On note une première place dans la production du beurre, des fromages frais et des fromages à pâtes molles, des pommes à cidre et des produits cidricoles, de poireaux et de navets.

La filière équine est également un atout de poids dans l’économie normande. Environ 12 % de la population équine nationale proviennent de cette région. Deauville est une référence mondiale lorsque vous voulez vous offrir un pur-sang. Ceci est dû à la présence du pôle de compétitivité HIPPOLIA dans la région.

Par ailleurs, la Basse-Normandie se classe en quatrième position dans l’industrie automobile et affiche des chiffres normaux dans tous les autres domaines de l’économie. Malgré cela, la région se classe 18e dans le classement des régions contributrices à l’économie française.

 

La Normandie : une région historique

Le territoire actuel de la région normande fait environ 30 100 km². Cette superficie est similaire à quelques kilomètres carrés près à l’ancien duché de Normandie fondé à Neustrie par Rollon. C’était un duché féodal appartenant au royaume de France qui a été fondé vers 911 sous l’ordre de Charles le simple, roi des francs. Ce dernier confie un territoire correspondant à l’actuel territoire de la Normandie au chef Viking Rollon. Il se charge d’administrer la région et l’érige en un État puissant et prospère. Le duché n’atteint son apogée qu’en 1066 lorsque le duc Guillaume le Conquérant prend possession du royaume d’Angleterre. De bâtard de la Normandie, il devient roi d’Angleterre.

Le territoire passe ensuite aux mains des Plantagenêt avant d’être reconquérir par le royaume de France. Cette reconquête est notamment due à la mort brutale de Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre. Le duché (hormis les îles anglo-normandes) appartient désormais au royaume de France. La région fut perdue de nouveau lors de la guerre des cent ans, mais fut reprise à l’Angleterre par la France. La Normandie, autrefois prospère sort de cette période affaibli.

Elle se reconstruit puis pendant le siècle des Lumières, l’industrialisation de l’agriculture apporte un souffle nouveau à la région. Les hostilités entre la France et l’Angleterre étant récurrentes, la Normandie se retrouvait toujours impliquée d’une certaine manière, en terrain d’affrontement le plus souvent. Un gouvernement militaire a dû être formé. Il faudrait attendre 1790, au lendemain de la Révolution française pour découvrir le territoire normand comme il a été connu jusqu’en 1956.

 

La création de la Basse et de la Haute-Normandie

En 1956, plusieurs raisons ont été avancées pour justifier la scission de la Normandie en deux régions distinctes. Les raisons politiques sont au centre des débats. En effet, l’électorat de la Haute-Normandie avait une tendance socialiste tandis que celui de la Basse-Normandie était conservateur. Ces tendances électorales se justifiaient par l’importance des secteurs d’activités dans l’économie de ces régions. Ainsi, l’économie de la Basse-Normandie était basée sur le secteur primaire alors que celle de sa voisine normande se reposait plutôt sur le secteur secondaire.

Par ailleurs, la superficie de l’ancien territoire de la Normandie renforçait cette division en deux régions distinctes. Les 29 907 kilomètres carrés représentent environ 5,4 % de la superficie de la France métropolitaine. Un argument qui a valu son pesant d’or, car le gouvernement voulait créer des régions qui avaient environ la même superficie et la présence de deux villes importantes de la taille de Caen et Rouen avait facilité les choses.

 

La réunification de la Normandie

Le 16 janvier 2015 est la date à laquelle la réunification de la Normandie a été actée. Ainsi, le Premier ministre Manuel Valls accompagné de deux de ses ministres originaires de la Normandie (Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve) signe par anticipation à Honfleur dans le Calvados un acte de naissance d’une nouvelle région : la Normandie. Les présidents des régions Haute-Normandie et Basse-Normandie étaient aussi présents. L’acte III de la décentralisation a entériné cette réunification dans le cadre de la réforme territoriale de 2014.

L’État choisit la ville de Rouen comme le chef-lieu du nouveau territoire de la Normandie. Les pouvoirs ont été partagés entre Caen et Rouen, faisant de la Normandie la seule région française disposant de deux capitales officielles : une capitale politique qu’est Caen et une autre administrative qu’est Rouen.

 

L’impact économique de la réunification sur la région normande

La réunification de la Normandie pourrait avoir un impact positif sur la région. Le Produit Intérieur Brut, l’agrégat par excellence de mesure de la création de la richesse atteint 90,3 milliards d’euros. C’est le neuvième PIB régional de la France. Quant au PIB par habitant, il atteint le 7e rang en France. Quand bien même, le normand moyen vit moins bien qu’un français moyen, on peut noter un impact positif de la réunification sur cet agrégat.

La présence de plusieurs pôles de compétitivité en Normandie est un autre atout majeur pour le développement de la région. HIPPOLIA, VALORIAL, MOV’EO, NOVALOG, COSMETIC VALLEY, TES, MER BRETAGNE ATLANTIQUE sont les pôles qui exercent leur influence sur tout le territoire normand, favorisant la création d’entreprises et d’emplois.

La Normandie fournit 12,1 % de l’électricité utilisée en France. C’est un poids non négligeable et les anciennes régions ne pouvaient atteindre ce seuil. Notons aussi les 13,9 millions de touristes qui foulent le sol normand chaque année afin de s’imprégner de l’histoire de cette région française, mais aussi de profiter des paysages naturels extraordinaires qu’offrent les stations balnéaires normandes.

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